Rendez-vous le 8 septembre !

« Le monde est un livre et ceux qui ne voyagent
pas n’en ont lu qu’une seule page. »
Saint Augustin

Le 8 septembre prochain, je repartirai sur les rails, nouvelle carte en poche… Plus de cinquante ans ont passé depuis mon premier voyage avec Interrail, à travers l’Europe, lorsque tout semblait neuf et infini. Je me souviens encore de ce départ, le 3 septembre 1973, sac à dos trop lourd et cœur léger… Direction la Grèce, via Dijon, la Suisse et Zagreb. Les trains alors étaient plus lents, sectorisés en compartiments bondés, avec pour beaucoup, l’avantage de rouler de nuit. Autant d’hôtels économisés pour le voyageur au maigre budget et de rencontres fortuites qui font depuis toujours, le sel des voyages.

Le monde a changé…

Je repars avec le même esprit de curiosité et de liberté, mais enrichi par les années, l’expérience et la mémoire… A 19 ans, je découvrais l’Europe avec insouciance, des rêves plein la tête. Demain, je repartirai avec un autre regard : plus attentif, plus lent, peut-être plus profond. Les trains ont changé, les frontières se sont ouvertes, les pays ont évolué, mais l’essence du voyage demeure : aller à la rencontre des autres et de soi-même.

Vivre le présent, pour mieux transmettre…

L’itinéraire est tracé et dessine une vaste boucle à travers le continent :
Pour commencer, cap au Sud ! Premières pauses à Romes et Naples, villes d’Histoire et de vie, où chaque pierre raconte des siècles d’humanité. Puis je descendrai jusqu’en Sicile, baignée de lumière et de mémoire antique. De là, direction l’Europe centrale : Vienne, élégante et musicale, le temps d’un rapide salut à Gustav Klimt. Suivront Prague aux mille clochers, puis Cracovie, ville de culture et de résilience. Je sais déjà qu’un moment particulièrement fort m’attend à 70 km de là, synonyme de silence et de recueillement. A mon âge, franchir le sinistre portail aux accents d’ «Arbeit macht frei » prend une dimension encore plus grave : il ne s’agit plus seulement de découvrir, mais de transmettre, de ne pas oublier, pour espérer naïvement que jamais, la « bête » ne revienne…

Des capitales sous le regard de « l’ours » russe…

Plus au Nord, m’attendent Vilnius, Riga et Tallinn, capitales baltes au charme discret et méconnu, trop longtemps synonymes de destinations abstraites et interdites. Aujourd’hui, elles sont devenues accessibles, presque familières et pourtant, tellement chargées d’Histoire. Terres discrètes et lumineuses, entre forêts profondes et ciels immenses. Place aux gares modestes, aux langues inconnues, aux visages croisés sans lendemain…

Un petit coucou au Père-Noël…

La Finlande marquera une pause silencieuse. J’imagine déjà les forêts infinies, les lacs immobiles, reflétant un ciel sans fin, comme un miroir tendu vers le passé. Juste le temps de déposer ma lettre au Père Noël, du côté de Rovaniemi. Suivront la Suède et la Norvège, avec leurs paysages grandioses, pour rappeler que le temps lui aussi, sculpte les êtres, comme les fjords sculptent la terre. Ici, je sais déjà que le train deviendra belvédère, offrant au regard, une nature brute mais essentielle. A l’image des îles Lofoten, ilots de lumière, vierges et authentiques. Une Europe presque hors du temps, où les paysages redessinent les rêves…

« J'avais une ferme en Afrique, au pied des collines de Ngong… »

Le Danemark marquera une transition douce, comme un pont entre deux mondes… Pas de sempiternelle Petite Sirène au programme, mais un rendez-vous avec cette Grande Dame de la littérature qu’est Karen Blixen, dans sa maison baignée d’éternité, à Rungstedlund, au nord de Copenhague… Reste à savoir si en ce début octobre, la lumière du ciel y sera africaine !

Berlin, capitale de l’Europe…

Trente-sept ans après la chute du mur, Berlin reste une étape indispensable dans un voyage en train à travers l’Europe, parce qu’aucune autre ville ne raconte avec autant de force l’histoire du continent et sa capacité à se réinventer. Arriver à Berlin par le rail, c’est sentir la continuité européenne : les lignes venues de Prague, Varsovie, Vienne, Amsterdam ou Paris convergent vers une capitale qui fut longtemps coupée en deux. La ville garde les traces de cette fracture : morceaux du mur, miradors, stations fantômes…, mais elle les transforme en lieux de mémoire, d’art et de liberté. Berlin incarne l’idée d’une Europe ouverte, mobile et réconciliée. Ses gares modernes, ses trains de nuit et son réseau dense symbolisent cette circulation retrouvée entre l’Est et l’Ouest. On y traverse des quartiers où se mêlent cultures, langues et générations, dans une énergie unique. Faire étape à Berlin, ce n’est pas seulement visiter une capitale : c’est comprendre ce que voyager en Europe signifie aujourd’hui.

Irish coffee !

« Last but no least », l’Irlande, ultime étape de ce long périple, comme une échappée à part, entre verts paysages, culture celtique et légendes murmurées par le vent. Une île au bout du voyage, façon de boucler la boucle, avant un retour sur le continent en bateau, de Dublin à Cherbourg, comme une transition douce entre le voyage et le retour à la réalité. Une traversée qui aura sans nul doute une saveur particulière, celle des fins de voyage, mêlée de nostalgie et d’espoir… L’espoir de repartir !

« That’s all folks » ! Rendez-vous mardi 8 septembre pour suivre le début de mon voyage…